Jean Vautrin, invité d'honneur du Salon 2010

Vautrin Jean - ©Sophie Bassouls - Sigma petiteJean VAUTRIN est l’un des Invités d’Honneur du 2ème Salon des Littératures Policières de Toulouse Polars du Sud les 8, 9 et 10 octobre 2010.

 

Jean Vautrin, c'est aussi Jean HERMAN. Il est né en 1933 en Lorraine. Venu à Paris pour commencer une licence de Lettres, il est finalement entré sur concours à l'IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques). Successivement Lecteur de Littérature française à l'Université de Bombay, reporter-photographe et dessinateur humoristique pour l'Ilustrated Weekly, il devient l'assistant de Roberto Rossellini en Inde. Pendant la guerre d'Algérie, il est affecté au Service Cinéma des Armées et tourne des films en Allemagne, en Algérie, au Sahara et au Congo. Démobilisé au bout de 28 mois et cinq jours, il est successivement assistant de Vincente Minelli et de Jacques Rivette.

Après avoir réalisé une trentaine de courts métrages, de films et de feuilletons pour la télévision, il met en scène son premier long métrage : Le Dimanche de la Vie, d'après Raymond Queneau avec Danielle Darrieux et obtient le Prix Marylin Monroe. Suivent cinq longs métrages dont Adieu L'Ami avec Alain Delon et Charles Bronson, film qui rencontre un énorme succès commercial.

A partir de 1971, Herman et VAUTRIN coexistent.

Audiard, à la mort d'Albert Simonin, cherche un équipier. Des amis lui font découvrir un certain Vautrin qui publie à la Série Noire. Michel Audiard s'aperçoit avec bonheur qu'il le connaît bien mieux sous le blase d'Herman, réalisateur et confrère. Les deux hommes sont voisins de campagne. Entre eux, le pacte est scellé.

Herman sera scénariste-dialoguiste et travaillera avec Michel Audiard, Vautrin sera romancier et nouvelliste et poursuivra sa seconde vie.

 

Pendant dix ans, l'association ne chôme pas : L'incorrigible pour de Broca (Belmondo) Nos intentions sont pacifiques pour Pi­rès, ( J.P. Marielle, J. Dutronc, G. Lanvin), Le Grand Escogriffe pour Pinoteau avec Montand, Flic ou Voyou, Le Guignolo pour Lautner (JP Belmondo), Le Marginal pour J. Deray (avec le même Belmondo), Garde à Vue pour Claude. Miller, avec Serrault, Ven­tura et Romy Schneider (César du meilleur scénario 1981), Canicule pour Boisset avec Lee Marvin se succèdent. De son côté, Vau­trin, tout en écrivant ses bouquins, travaille sur des films de cinéma ou de télévision dont il signe seul scénarios et dialogues : Rue Barbare (Gilles Béhat), Bleu comme l'Enfer (Yves Boisset), Urgence, Charly Dingo (Gilles Béhat), pour le cinéma. Le Locataire d'en haut, Banlieue Sud-Est, Les Insulaires, Jean sans Terre (Gilles Grangier), pour la télévision.

Peu à peu, Vautrin réalise le crime parfait. Herman meurt sans un cri. L'écrivain a pris définitivement le pas sur le cinéaste.

Au début des années 70, il publie à la Série Noire. Il est avec Manchette l'un des pères fondateurs du néo-polar. Paraissent successivement : A Bulletins Rouges en 73, puis, Billy-ze-Kick en 74 à la Série Noire. Bloody Mary (Prix Fictions 1979, Prix Mystère de la Critique), Typhon Gazoline, Canicule, Groom (adapté au théâtre et créé au festival d'Avignon par Chantal Morel) sont publiés chez Fayard.

Ces romans noirs sont suivis de deux recueils de nouvelles Patchwork en 1983 (Prix des Deux Magots) et Baby-Boom (Goncourt de la Nouvelle en 1986). Mais c'est à un roman, La Vie Ripolin (Grand Prix du roman de la Société des Gens de Lettres), que Vautrin doit son plus notable succès auprès du public et de la Critique. Suivent Dix-huit Tentatives pour devenir un Saint, un nouveau recueil de nouvelles, et en 1989, Un Grand Pas vers le Bon Dieu, roman publié chez Grasset, qui vaut à son auteur de se voir attribuer le prix Goncourt et, dans la foulée, le Goncourt des  lycéens.

En collaboration avec son complice Dan Franck, Vautrin entreprend alors la publication d'un roman à épisodes, Les Aventures de Boro, reporter-photographe, grand succès populaire et qui comporte déjà huit volumes : La Dame de Berlin (adaptée à la télévision et en bandes dessinées), Le Temps des cerises, Les Noces de Guernica, Mademoiselle Chat, Boro s'en va-t-en guerre, Cher Boro, La Fête à Boro et La Dame de Jérusalem.

Parallèlement à cette production de qualité faite pour renouer avec les sensations et la tradition du roman-feuilleton, Vautrin continue à publier des nouvelles : Courage Chacun (1992), Si on s'aimait ? (2005), Maîtresse Kristal et autres bris de guerre (2009), des romans noirs comme Le Roi des Ordures (1997), L'Homme qui assassinait sa vie (2000) ou Le Journal de Louise B. (2002) et un curieux « roman graphique » : En attendant l'eau chaude (2007), illustré par ses propres dessins.

La suite de ses ouvrages chez Grasset : Symphonie Grabuge (qui date de 1994) et Le Cri du Peuple, paru en 1999, lui ont valu de recevoir le prix Populiste pour l'un et pour l'autre le prix Louis Guilloux attribué pour l’ensemble de son œuvre.

Chez Laffont, il a mis en chantier une suite de romans intitulée Quatre soldats français. Cette vaste fresque aux multiples personnages traite des mutineries de 1917 et comporte à ce jour trois volumes : Adieu la vie, adieu l'amour (2004), La Dame au gant rouge (2004), La Grande Zigouille (2009). A paraître le quatrième tome : Les Années Faribole.

Récemment, il vient de publier chez Fayard La Vie Bada-boum, un recueil de textes qui retracent son itinéraire, ses voyages, ses rencontres, ses amitiés, ses maîtres, ses saintes colères, sa façon d'épeler le temps.

Nombre de ses nouvelles ou de ses romans ont été adaptés au Théâtre. Citons Baby Boom créé au Théâtre de l'Atelier par Anémone. "Dérapages" joué à Nantes et Groom, créé au Festival d'Avignon et mis en scène par Chantal Morel.

Au cinéma, Billy-ze-Kick a été mis en scène par Gérard Mordillat. Canicule par Yves Boisset. Charlie Dingo, adapté d'une nouvelle, a été tourné par Gilles Béhat.

Photographe au début de sa carrière, Jean Vautrin a publié au Cercle d'Art un photo journal, témoignant de son travail en Inde intitulé J'ai fait un beau voyage. Il a par ailleurs écrit de nombreux textes destinés à accompagner les œuvres de ses amis photographes, tels Robert Doisneau, Sabine Weiss, Gérard Rondeau, Philippe Maupetit, Georges Bartoli, etc...

Jean Vautrin a toujours entretenu des rapports privilégiés avec le dessin. (Un court métrage d'animation Voyage en Boscavie tiré de l'œuvre de Bosc lui a valu naguère, en 58, le Prix Emile Cohl). Il a publié Un Monsieur bien mis en 97, chez Fayard, une nouvelle illustrée par ses propres dessins et aussi New-York, 100ème rue Est, illustré par BARD. En 2007, il a donné chez Flammarion un « roman graphique » intitulé En attendant l'eau chaude, illustré de sa main. 25 ans après Bloody Mary, album tiré de son roman par Jean Teulé (chez Glénat), Vautrin renoue avec la bande dessinée. Cette fois, avec Jacques Tardi pour complice il a vu naître de la plume du dessinateur quatre albums parus chez Casterman et tirés de son roman éponyme, Le Cri du Peuple. Saluée par la critique, cette œuvre magistrale sur la Commune de Paris a reçu l'Alph' Art du meilleur dessin et l'Alph'Art du public à Angoulême.

Les aventures de Boro
font également l'objet d'une adaptation en bandes dessinées chez Casterman. Le quatrième album est à paraître en 2009.

Jean Vautrin a été directeur d'une collection de nouvelles chez Julliard
(L'Atelier Julliard, qu'il a crée). Il a siégé à la Commission d'Avance sur Recettes du Centre National du Cinéma et à la Commission d'Aide à la Création Littéraire du Centre National des Lettres.
Ancien Conseiller Régional d'Aquitaine, il est Chevalier de la Légion d'Honneur, Officier dans l'Ordre National du Mérite et Commandeur des Arts et Lettres.

Il est également président du jury du Prix Populiste, membre du Prix Gironde et du prix des Savoir Faire en Aquitaine. La ville de Nancy vient de lui décerner sa Feuille d'Or pour l'ensemble de son œuvre.
 

---> Bibliographie de Jean Vautrin

---> Filmographie de Jean Herman / Jean Vautrin

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