Auteur invité TPS 2011 : Paco Ignacio Taibo II [2/53]

Publié le par tps

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Le mexicain Paco Ignacio Taibo II (PIT II) est l’un des invités d’honneur du salon.

Militant politique, syndicaliste, romancier, essayiste, professeur à la faculté d’histoire et d’anthropologie, journaliste, directeur de revue, romancier, président de l’Association Internationale des écrivains de Romans Policiers,  directeur et fondateur du festival le plus fou consacré à la littérature noire, la Semana Negra de Gijón … Paco Ignacio Taibo II est tout cela, et bien davantage encore.

Il nait le 11 janvier 1949 à Gijon (Asturies). En 58 sa famille très engagée auprès des républicains pendant la guerre d’Espagne émigre à Mexico où son père est journaliste à la télé jusqu’aux événements sanglants de 1968. Considérant qu’il n’est plus libre de dire ce qu’il veut il retourne alors à la presse écrite.

PIT II est déjà journaliste, fortement impliqué dans le mouvement étudiant alors qu’il fait des études d’histoire, de sociologie et de littérature, non pas pour obtenir des diplômes mais parce qu’il sent qu’il aura besoin de ces connaissances pour écrire. Parce que dès son plus jeune âge, Paco sait ce qu’il fera plus tard : il écrira des romans, et plus précisément des romans de littérature populaire.

Le 2 octobre 1968, par le plus grand des hasards, il ne participe pas à la manifestation sur la Place des trois cultures. Manifestation réprimée dans le sang qui fit autour de 300 morts.

Cet événement est déterminant pour son œuvre romanesque à venir. L’un de ses personnages récurrents, le détective privé Hector Belascoarán Shayne créé en 1976 dans son premier roman, Jours de combat reviendra souvent, au gré de ses enquêtes, sur ce massacre.

Dès ses débuts romanesques, il s’affirme, avec l’argentin Osvaldo Soriano, comme l’un des fondateurs du polar latino-américain.

Depuis il n’a jamais arrêté, enchaînant essais révolutionnaires, romans échevelés et biographies monumentales, toujours avec la même énergie et le même talent.

Une œuvre couronnée d’un multitude de prix, parmi lesquels on peut citer : Le prix national d’histoire en 86 pour Bolsheviquis. Historia narrativa de los origenes del comunismo en Mexico 1919-1925, Le prix Bancarella en 98 pour Ernesto Guevara, tambien conocido como el Che (Ernesto Guevara, connu aussi comme le Che), Le prix Grijaldo (italien) en 82 pour Le rendez-vous des héros (Heroes convocados : manual para la toma del poder), Le prix planeta Joaquin-Mortiz en 92 pour La lejania del tesoro (Le trésor fantôme), 3 prix Hammett du meilleur roman policier en espagnol : La vida misma (La vie même) en 87, A cuatro manos (A quatre mains) en 91 et La bicicleta de Leonardo (La bicyclette de Léonard) en 94 …

En 2005 il écrit Des morts qui dérangent à quatre mains avec le Sous-commandant Marcos.

Son dernier roman reprend les aventures d’un des héros de sa jeunesse, souvent convoqués dans ses romans précédents, Sandokan le tigre de Malaisie créé par l’italien Emilio Salgari, sous le titre évocateur de « El retorno de los tigres de la Malasia, mas antiimperialistas que nunca ».

Avec Paco Ignacio Taibo II c’est un véritable monument de la littérature que nous accueillons.

 

Bibliographie partielle :

 

La bibliographie de Paco Ignacio Taibo II est … quasi infinie, en voici quelques titres parmi les plus significatifs.

 

Essais :

 

- Pancho Villa, roman d’une vie (Pancho Villa, una biografía narrativa, 2006) Payot (2009)

- Archanges, (Arcángeles, 1998), Métailié (2001)

- Ernesto Guevara connu aussi comme le Che, (Ernesto Guevara, también conocido como el Che, 1996) Métailié (2000)

 

Romans :

 

Série Hector Belascoarán Shayne

 

- Jours de combat (Días de combate, 1976), Rivages/Noir (2000)

- Cosa fácil (Cosa fácil, 1977), Rivages/Noir (1994)

- Pas de fin heureuse (No habrá final feliz, 1981), Rivages/Noir (1997)

- Quelques nuages (Algunas nubes, 1985), Rivages/Noir (1994)

- Même ville sous la pluie (Regreso a la misma cuidad y bajo la lluvia, 1989), Rivages/Noir (1998)

- D’amour et de fantômes (Amorosos fantasmas, 1989), Rivages/Noir (2005)

- Rêves de frontière (Sueños de frontera, 1990), Rivages/Noir (2002)

- Adiós Madrid (Adiós Madrid, 1997), Rivages/Noir (2005)

 

Autres

 

- Ombre de l’ombre (Sombra de la sombra, 1986), Rivages/Noir (1992).

- La vie même (La vida misma, 1987), Rivages/Noir (1992).

- A quatre mains (Cuatro manos, 1986), Rivages/Thriller (1992).

- La bicyclette de Leonard (La bicicleta de Leonardo, 1994), Rivages/Thriller (1995).

- Nous revenons comme des ombres (Retornamos como sombras, 2001), Rivages/Thriller (2002).

- Des morts qui dérangent (Muertos incómodos, 2005), Rivages/Thriller (2006).

 

Revue de presse :

 

Nous revenons comme des ombres :

 

« Où l'on croise un Hitler pétomane, des sous-marins allemands embusqués au large de Veracruz, un ministre manipulé par une Mata Hari teutonne, une pyramide maya transformée en bunker, le fantôme de Graham Greene, le matador Manolete, le sceptre de Charlemagne et une armada d'assassins boostés par Mein Kampf.

Autant d'embardées dans un scénario mirobolant, échevelé, cocasse. Et sanglant. Ce roman, c'est John le Carré revu par Rocambole, James Bond en version Pieds nickelés. Sous la plume d'un Taibo qui a mis le turbo pour signer une fantasia où l'Histoire, perpétuellement réinventée, a rendez-vous avec l'extravagance. Viva Paco! »

L’Express.

 

Même ville sous la pluie :

 

« Même ville sous la pluie est un beau blues mouillé, une aventure et une réflexion sur Mexico. Un roman bourré d’incises et de tendresse. Taibo II est un conteur si exceptionnel qu’il peut se permettre de mêler engagement politique et littérature sans que la seconde en souffre. »

Libération

 

Ces morts qui dérangent :

 

« Cet excellent polar écrit à quatre mains par Paco Ignacio Taibo II & le sous-commandant Marcosne manque ni de sel ni de style. On connaissait celui de «PIT II» depuis longtemps, on connaissait les articles du «Sup» (comme l'appelle Elias Contrario), mais on ne lui connaissait pas un tel talent de romancier et là, il nous épate. C'est à la demande de Sup que le livre a vu le jour, avec l'idée d'aborder l'histoire contemporaine du pays. Force est de constater que tout y passe et que le constat est affolant.

Avec brio les deux hommes nous emmènent sur les traces du mal, dans un pays ravagé par tous les maux, avec une pointe d'humour pour ne pas nous assommer complètement, et une pointe d'espoir, pour continuer à lutter. Chapeau bas. »

Christophe Dupuis dans Bibliobs

 

Site :

 

Pour télécharger l’enregistrement de la rencontre à la Médiathèque José Cabanis en 2009.

Une tentative de présentation de l’homme et de son œuvre sur Bibliosurf.

 

Publié dans Salon 2011

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