Jules Celma

Publié le par tps

Jules Celma petiteJules Celma est l’un des invités du Salon Toulouse Poalrs du Sud (8, 9, 10 octobre 2010)

 

Fils de républicains espagnols, né en 1948, Jules Celma arrête le jour de ses 20 ans (un jour de mai 68, à Toulouse!) les études scientifiques de physique et mathématiques qu’il avait entreprises. Quelques années anarcho-libertaires plus tard, il publie un brûlot qui fait scandale, Journal d'un éducastreur (1971).  Ce pamphlet attire l’attention de Claude Berri avec qui il collabore pendant une dizaine d’années. (Le Mâle du siècle, Sex Shop, Le Maitre d’Ecole, Tess, Poil de Carotte). Il est également accueilli par Marguerite Duras chez qui il habite pendant une petite année. Il réalise alors un ciné-tract, L’école est finie, dans lequel Philippe Noiret prête sa voix.

Auteur, scénariste, se retrouvant un jour à la tête d’un chantier naval qui périclite, ayant exercé au final une soixantaine de métiers différents, Jules Celma a vécu d’innombrables aventures. C’est en Espagne où il vient de passer plusieurs années qu’il a écrit, à 60 ans, inspiré par une  tranchée de la Guerre Civile vue dans la sierra pyrénéenne, sa première fiction,  El Indio (Nouvelles éditions Loubatières).

 

Jules Celma a répondu à notre questionnaire :

 

  • Quel est le dernier polar que vous avez lu et adoré ?

A contre voie de Gertrude Walker, série noire 1949. Une écriture étonnamment moderne. Sans oublier Utu et Haka de Caryl Ferey.

 

  • Le (ou les) héros de polar qui vous a (ont)  le plus marqué ?

Kurt Prüffer. Ce n’est pas un héros de polar d’ailleurs, simplement un type normal qui s’appliquait à faire convenablement son travail d’ingénieur : c’est lui qui a conçu, dessiné, calculé, amélioré les fours crématoires des camps nazis…

 

  • Un lieu mythique (ville,  pays, autre époque..) pour situer un polar ?

Le Vatican ou le monastère de Torreciudad, siège mondial de l’Opus Dei.

 

  • Le plus beau sujet de polar selon vous? (peut-être celui que vous rêvez de traiter…)

La résurrection de Jésus.  Voilà un type qui se fait massacrer et qu’on revoit trois jours après papoter avec ses potes. Puis qui disparaît à nouveau. Dont les descendants fondent la plus puissante multinationale de tous les temps et qui, d’après les rumeurs, devraient réapparaitre un de ces quatre !

 

Revue de presse :

El Indio

« Un jour, il découvre une trainée de pierres qui l'intrigue. Le vieux berger qu'il interroge lui apprend qu'il s'agit d'une tranchée de la Guerre Civile… «J'ai imaginé un cadavre dans la sierra. Je tenais mon bouquin». «El Indio» est un polar aux multiples niveaux de lecture. «Je n'ai pas de prétentions littéraires, je suis un scribouillard. Le polar permet de grandes libertés». Sa prose, drôle, acérée, cruelle et précise, révèle un grand auteur, capable de conduire un récit haletant sur 500 pages tout en livrant en filigrane son mépris de l'autorité, de la bassesse et de l'hypocrisie. Jules Celma, ou l'illustration de la phrase de Malraux, «la liberté appartient à ceux qui l'ont conquise».

Yves Gabay, La Dépêche du midi.

 

« Ici, dans cette histoire de vengeance, on file de partouzes en massacres, le cadavre de Franco à peine refroidi. Celma, une fois encore, se permet tout. C’est baroque, picaresque, torrentiel, jubilatoire, éclaboussant, percutant, parodique, en un mot, fracassant.
Pas dans le bon goût français qui entortille chagrin d’amour, cancer ou prostate, potée culturelle et nostalgies diverses, pour nous pondre quoi ? Celma nous invite au contraire sous son grand chapiteau de la révolte et de l’ironie. C’est du cinoche avec des pétarades, des bousculades, une façon acrobatique de mélanger sans précautions les genres, les tons, tantôt Fuller, tantôt Moullet. »

 

Raphael Sorin, Blog Libé.

 

 

« Celma est un rieur qui sait que, sous la plaisanterie, il y a toujours l'ombre de la tragédie. Lui, le fils d'exilés espagnols, qui s'est longtemps nourri d'anarchisme, et qui n'en a jamais eu honte, règle, certes, ses comptes avec le passé franquiste de sa terre d'origine, mais n'oublie pas pour autant que le désir de mort n'est pas une solution. N'est pas LA solution. Car rien n'est mieux pour effacer la douleur que l'embrasement de l'amour. C'est de cette contradiction qu'« El Indio » tire sa substantifique moelle. Il y a les vengeurs et il y a les amants, et quand les deux ne font qu'un seul, alors on peut tourner la page, bien qu'oublier ne soit pas pardonner. »

 

Gérard Guégan, Sud Ouest.

 

 

Bibliographie :

 

El Indio (Nouvelles éditions Loubatières), 2009

 

Journal d’un Educastreur,  Ed Champ Libre, 1971.

 

Le blog de l’auteur :

         www.elindio.unblog.fr

 

 

 

 

Publié dans Archives Salon 2010

Commenter cet article