Ingrid Astier

Publié le par tps

Astier Ingrid (c) C.Helié - Gallimard petiteIngrid Astier sera l’une des invités du Salon des Littératures Noires et Policières des 8, 9 et 10 octobre.

Ingrid Astier vit à Paris, face à la Seine qu’elle étudie particulièrement la nuit. En 1999, elle publie une nouvelle, Face-à-Faces (Prix du Jeune Écrivain, Mercure de France). Ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée de lettres, elle a enseigné à l’Université Paris VII et à Reidhall (Columbia in Paris). Quai des enfers marque son entrée dans la Série Noire, en 2010. Son travail d’écriture se nourrit de l’obsession, et, par fidélité au réel, de longues enquêtes sur le terrain, tant au quai des Orfèvres, dans le monde des parfums ou auprès des SDF. Mettant pour la première fois en scène la Brigade fluviale, son premier roman nous plonge dans la Seine d’en dessous.

 

Ingrid Astier a répondu à notre petit questionnaire :

 

·         Quel est le dernier polar que vous avez lu et adoré ?

L’homme de ma vie de Manuel Vásquez Montalbán. Peut-être parce que je me sens des affinités avec cette écriture généreuse, pointilliste, tout autant amoureuse des détails que des charpentes. J’aime cette sensation de liberté qui parcourt son écriture. Quand Montalbán veut vous faire humer sa charlotte aux pommes, aucune étape ne vous est épargnée. La réduction des pommes confites au Grand Marnier vous pénètre les narines. Que l’imaginaire vienne se frotter aux sens du lecteur, voilà un projet que je partage.
Chez lui, on ne sent pas cette main rigide qui retiendrait l’enthousiasme et tempérerait sa fougue. La structure n’est pas tyrannique : elle ne vient pas raisonner le sensualisme. Je me sens loin des écrivains qui cherchent une maîtrise totale : l’écriture doit ménager le désir.
Montalbán ne redoute ni les méandres, ni les ramifications. Et comme mon modèle romanesque est l’arbre… Derrière chaque personnage, rôde l’empathie de l’auteur. En pénétrant leur monde, on a l’impression de se glisser dans la trace de Montalbán, de perpétuer un mode amoureux.

 

·         Le (ou les) héros de polar qui vous a (ont)  le plus marqué (e)

Lynx, le personnage de DOA ! Une trouvaille. On le croirait sorti d’une gravure des Désastres de la guerre de Goya. Des traits fins, d’une infinie minutie, une grisaille qui le drape de mystère et estompe les frontières. Ultra réaliste, cette figure semble pourtant tombée de l’imaginaire dans l’absurdité de la vie. Son choix des marges me touche : « Ils n’étaient pas nombreux ,les fous comme lui qui aimaient vivre aux marges du monde réel, officiel » (Citoyens clandestins, Série Noire). Son tempérament mercurien le rend immiscible. Impossible de le diluer dans un quotidien. Et puis il écoute constamment de la musique. C’est sa seconde peau — une peau sonore. Entre lui et le monde se tient l’horizon. Je pense à un titre du poète Henri Michaux : Lointain intérieur

 

·         Un lieu mythique (ville, pays, autre époque..) pour situer un polar ?

Paris ! De la même façon qu’Ellroy a pu choisir Los Angeles, je ne me vois pas me priver d’un tel terreau. Je projette un triptyque autour de Paris et de la Seine. Avec pour objectif : faire de la traversée de Paris une plongée toujours plus abyssale.

 

·         Le plus beau sujet de polar selon vous? (peut-être celui que vous rêvez de traiter…)

C’est un secret que je garde comme un vœu pieux. Il sera exaucé avec mon troisième roman…

 

 

Bibliographie :

 

Quai des Enfers, Paris, Gallimard, Série Noire, janvier 2010. Prix Paul Féval de Littérature Populaire de la Société des Gens de Lettres.

Cabanes d’exception, avec Alain Laurens, Paris, La Martinière, 2009.

Le Goût des parfums, Paris, Mercure de France, 2009.

Le Goût de la rose, Paris, Mercure de France, 2008.

Le Goût du thé, Paris, Mercure de France, 2007.

Le Goût du chocolat, Paris, Mercure de France, 2007.

La Cuisine du Maya Bay Monaco, avec Olivier Streiff, photographies Hervé Nègre, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2008.

Cacao Vanille, L’Or Noir de Madagascar, avec Laurence Cailler et François Pralus, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2008.

Cuisine inspirée, l’audace française, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2007. Gourmand Awards du Livre de Cuisine Innovant.

Le Safran, l’or de vos plats, Paris, Agnès Viénot Éditions, 2007. Prix Guerlain 2008.

L’Amour, dix façons de le préparer, avec Bruno Verjus, Paris, Éditions de l’Épure, 2008.

E.-M. Cioran, Exercices négatifs, Paris, Gallimard, 2005.

Face-à-Faces  dans La Descente des oies sauvages sur le sable et autres nouvelles, Paris, Mercure de France, 1999. Prix du Jeune Écrivain.

 

 

Revue de presse :

 

Quai des Enfers :

 

 « Sens du détail et des surnoms, belle connaissance des bords de Seine, plaisir manifeste à jouer avec la vérité, les codes et les références noires… Ingrid Astier réussit cette incursion au Quai des Orfèvres qui commence comme un exercice de style et finit efficacement au cœur de la nuit. »
Philippe Lefait, Le Magazine Littéraire

 

« Le premier polar d’Ingrid Astier […] décrit avec élégance et grand style une formidable enquête sur le meurtre mystérieux d’un top modèle dont le corps a été découvert dans une barque, quai des Orfèvres. »

Le Monde Magazine

 

« Livre sombre et pourtant coloré, Quai des enfers est un opus bien charpenté, qui a du corps. Inventif dans son vocabulaire, il est doté d’une écriture élégante pour décrire des scènes fortes, parfois cruelles, et son auteur, Ingrid Astier, constitue la surprenante révélation de ce début d’année. »

Claude Mesplède, Options

 

« Les flics de la Crim. nous donnent leurs bonnes adresses, une histoire d'amour entre deux grenouilles, vous voulez savoir ou l'on achète des mouches pour pêcher dans la Seine, que sont les boules de Moulins, qui est ce Troppmann, artiste borderline, ou Camille Beaux parfumeur, (au cinéma Vittorio Gasmann sans aucun doute). Et Wally Neuzil, femme d'un peintre célèbre morte de la grippe espagnole. Les quais et ses habitants qui ont l'œil ouvert et le bon. Ingrid Astier nous parle de Paris, comme Magnan de sa Provence, roman savant, plein de parfums de saveurs, non pas un livre mais une gourmandise littéraire. Aurélien Masson ne s'y est pas trompé, roman rare, érudit, et viatique du passeur Charon, qui lui aussi attend son tour. En deux mots comme en mille, ce roman aurait pu aussi s'appeler Seine de crime, ou Histoire d' Eau, et plus fort encore Le Nom de la Rose »,

Association 813

 

Et aussi

http://www.lanoirode.com/CdC04.php

http://ranatoad.blogspot.com/2010/01/quai-des-enfers-de-ingrid-astier.html

http://www.liberation.fr/livres/0101618578-gare-au-baiser-du-cadavree

  

 

Interviews d’Ingrid Astier :

 

http://www.bibliosurf.com/Interview-d-Ingrid-Astier

http://www.liberation.fr/livres/1201244-livres-quai-des-enfers

http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=interview&id=51

http://209.85.135.132/search?q=cache:Q_sb_va3xJ8J:www.lapresse.tn/supplement/ingrid-astier-%C2%ABla-tresse-t%C3%A9nue-du-r%C3%A9el-et-de-l%E2%80%99imaginaire%C2%BB.html+ingrid+astier+la+presse+tunisie&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr&client=firefox-a

 

 

Photo (c) C.Helié - Gallimard

 

 

Publié dans Archives Salon 2010

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sylvette 04/09/2010 20:04


Voilà qui augure bien de ce salon...