Juan Madrid

Publié le par tps

Juan Madrid sera parmi nous au mois d’octobre pour le Salon Toulouse Polars du Sud.

Né à Málaga en 1947, diplômé en histoire contemporaine de l’Université de Salamanque en 1972, mais aussi militant anti-franquiste, Juan Madrid exerce divers métiers : professeur d’histoire, « nègre » pour une maison d’édition, livreur, boxeur,,…et côtoie clochards et marginaux des bas fonds madrilènes.

Il devient journaliste à partir de 1973 : chroniqueur de faits divers, critique littéraire mais aussi grand reporter pour plusieurs revues et magazines espagnols. Depuis 1995, il se consacre uniquement à l’écriture.

De 1980 à juin 2009 il a publié 47 ouvrages, traduits en 16 langues, (y compris le chinois !) : romans policiers, romans de littérature générale, recueils de nouvelles, essais et un livre de voyage sur l’Amazonie. Il est également scénariste pour la télévision et le cinéma.

Il a écrit le scénario et tourné un premier long-métrage Tanger (2004). Il a réalisé un documentaire sur un aspect de la guerre civile à Malaga. Depuis 1990, il est professeur à l’Ecole internationale de cinéma et de télévision de San Antonio de los Baños, Cuba, et a donné de nombreux cours d’écriture de romans et de scénarios dans au moins 6 pays.

Parmi ses romans traduits en français, on retient la tétralogie du détective Antonio Carpintero, ancien boxeur, qui a gardé son pseudonyme de ring, Toni Romano dans Un baiser d’ami (1980), Il faut se fier aux apparences (1982), Cadeau de la maison (1986), et Hotel Paraison (1987, non encore traduit en français).

Pour la littérature policière, on lui doit également une série de 14 romans « policial Brigada Central » dont le protagoniste principal est un policier gitan, et deux autres ouvrages traduits en français Rien à faire (1984) et Feux de paille (1993) sur lesquels vous pourrez lire quelques éléments critiques un peu plus bas dans cet article.

Ses derniers romans sont « Adiós, princesa » (2008), traduit en italien et en russe, qui évoque l’assassinat d’une fiancée supposée du prince Felipe de Borbón, héritier du trône d’Espagne, et «Bares nocturnos » (octobre 2009), ou nous devrions retrouver Toni Romano.

 

Le portrait-flash de Juan Madrid en 5 questions :

 

·    Le dernier polar que vous avez lu et adoré ?
Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme (No country for old man) de Cormac McCarthy.

 

·    Le (ou les) héros de polar qui vous a (ont)  le plus marqué ?
J’aime beaucoup les personnages d’Elmore Leonard.

 

·    Un lieu mythique (ville, pays, autre époque..) pour situer un polar ?
Le pays m’importe peu. Mes romans se déroulent dans le quartier de Malasaña, à Madrid, où je vis. C’est plus facile pour moi.

 

·    Le plus beau sujet de polar selon vous? (peut-être celui que vous rêvez de traiter…)
Comme j’écris des romans noirs où, souvent, il n’y a aucun crime à découvrir, ou, s’il y en a, la découverte a peu d’importance, mes thèmes de prédilection sont la corruption et le mal.


Bibliographie en français

  

  • Un baiser d’ami (Un beso de amigo), Caribeen (1980)
  • Cadeau de la maison (Regalo de la casa), Le Mascaret (1988)
  • Il faut se fier aux apparences (Las apariencias no engañan), Le Mascaret (1989)
  • Feux de paille (Días contados), l’Atalante (1994)
  • Rien à faire (Nada que hacer) l’Atalante (1996).

  

Revue de presse

 

Rien à faire: « Voilà un roman âpre comme les innombrables verres de cognac que les différents protagonistes s’enfilent. Pas pour déguster, juste pour sentir la gifle de l’alcool. Ici tout est sec, violent, sans pitié. C’est la haine ou l’intérêt qui font agir les personnages ; loin de tous les clichés romantiques, les truands sont sans scrupules, pas gentlemen pour deux sous, et finalement, c’est quand même ceux qui ont l’argent qui l’emportent. Le style est en accord avec ce monde impitoyable, sec et efficace, un pendant des personnages maigres et sévères peints par El Greco.» Jean-Marc Laherrère (http://www.bibliosurf.com/Rien-a-faire)

 

Feux de paille : « Le moins que l’on puisse dire c’est que Juan Madrid ne fait pas de cadeau à ses lecteurs. Rien ne leur est épargné, les personnages sont totalement paumés, sans aucun repère, sans avenir, sans autre horizon que celui de la prochaine dose et de la prochaine nuit de "fête", c’est à dire de beuverie et de baise plus ou moins payante. Ceci dit il n’épargne pas non plus les anciens gauchistes reconvertis aux affaires, ni les artistes qui ont fait la Movida, et regardent maintenant de haut les prolos qui se sont emparés de la fête. Pas de cadeau, pas de fin heureuse à attendre, c’est rude, âpre, et ça secoue. Mais le roman noir est aussi là pour ça. » Jean-Marc Laherrère. (http://www.bibliosurf.com/Feux-de-paille)

 

 

Publié dans Archives Salon 2009

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